Au Moyen Âge, le régime alimentaire variait que l’on soit bellatores (ceux qui combattent), oratores(ceux qui prient) ou laboratores (ceux qui  travaillent). La hiérarchie sociale était donc aussi marquée au niveau alimentaire.

Quant à la nourriture spécifique des moines, elle suivait les temps liturgiques, les saisons et les caprices de la météo. La réputation des légumes, racines et verdures oscillait en fonction de leur position entre ciel et terre. Les racines n’étaient bonnes que pour la catégorie la plus basse parce qu’elles poussaient en pleine terre, proches du diable. Tandis que le vert des racines qui poussait vers le ciel était un peu mieux considéré. La façon de cuire les aliments dépendait aussi de lacatégorie sociale. On rôtissait chez les nobles parce que le feu était vu de façon positive, des oiseaux proches du ciel et donc proches de Dieu. On faisait bouillir les légumes chez les pauvres parce que l’eau des rivières touchait le sol. On avait donc une façon bien catégorisée de penser le monde et la nourriture et davantage encore au sein d’une communauté religieuse.