Un week-end en Histoire au Labo

le Vendredi 18 oct 2019
le Samedi 19 oct 2019

 

Conférences - ateliers - visites

 

* Alain Cabantous :  L'histoire de la mer ? Vendredi à 19h

Non, on ne le peut pas. Mais un historien peut se saisir des relations que les hommes, individus, commuinautés, habitants du littoral, gens de mer, voyageurs ou migrants entretiennent avec les espaces maritimes.  Et, par-là, enquêter sur l'influence que la mer exerce sur nos sociétés, sur nos manières d'exister, sur nos systèmes de représentation, y compris pour ceux d'entre nous qui vivent loin d'elle. A travers les créations fictionnelles (littérature, peinture, musqiue puis cinéma), l'historien peut débusquer aussi les stéréotypes tenaces. En fait l'histoire de la mer se perçoit aussi bien par le biais des hommes qui en vivent que par la vie de ceux qui en rêvent.

Atelier, samedi à 11h "Les monstres marins" : Alain Cabantous est un grand nom de l'histoire moderne. Il a publié plus d'une dizaine d'ouvrages consacrés à l'histoire des mondes maritimes, mais aussi des livres consacrés à des objets historiques aussi divers que le dimanche, la nuit ou Noël.

 

* Paul Bertrand : Une (nouvelle)) histoire de l'écrit ? Dimanche à 14h30

C'est entendu, au Moyen Age, l'écriture et la lecture étaient capturées par des clercs obscurantistes. Non ? Une nouvelle histoire de l'écrit répond à ce cliché. Les révolutions des 12e et 13e siècle nous éclairent sur notre propre vision de la communication, de la valeur que nous accordons au texte, quand bien même notre monde semble s'épanouir dans la massivité numérique. En outre, dans la perspective large du bassin méditerranéen, cette nouvelle histoire nous enjoint à l'humilité : la culture des mondes copte, juif, musulman... aurait-elle influencé les transformations de notre propre culture de l'écrit ?

Atelier, dimanche à 15h15 : Des archives écrites dans la main

Professeur à l'université de Louvain, médiéviste spécialiste des humanités numériques, Paul Bertrand est l'auteur de ecritures ordinaires, Sociologie d'un temps de révolution documentaire (Presses de la Sorbonne, 2019)

 

 

* Laetitia Deudon : L'histoire de l'environnement ? Samedi à 14h30

Née des préoccupations écologiques actuelles, l'histoire environnementale s'interesse aux relations entre les sociétés et leur environnement des paysages d'eau (rivières, marais), des forêts, des villes, des campagnes, autour de thématiques telles que l'aménagement, les inondations, les pollutions industrielles. Ainsi, l'histoire des rivières et des canaux peux servir de fil conducteur à une histoire des transformations environnementales qui touchèrent le Cambrésis du Moyen Age à l'époque contemporaine.

Atelier, samedi à 16h : Le canal, creuser les savoirs

Laëtitia Deudon est doctorante à l'UPHF et à l'Université de Montréal. Ses domaines de recherche sont la géohistoire environnementale des territoires d'eaux (rivières, marias, canaux) en France et au Canada.

 

* Yann Potin : L'histoire d'une  carte ? Dimanche à 16h

La ville de Jérusalem suscite une attention constante depuis des siècles. Et cependant les traces conservées qui permettent d'en faire l'histoire, particulièrement à l'époque du Moyen âge sont rares, et la plupart du temps redondantes. Cambrai conserve un trésor en la matière soit la première véritable "carte" non imaginaire de la ville ; datée de la seconde moitié du XIIe siècle, elle nous permet d'envisager une histoire croisée inatendue entre Jérusalem et Cambrai.

Atelier, dimanche à 14h30 : Photo, politique et histoire

Yann Potin est ingénieur d'études aux Archives nationales. Omnivore, il est co-auteur de Jérusalem. Histoire d'une ville-monde des origines à nos jours (Flammarion 2016) et a contribué avec Patrick Boucheron à la coordination de l'Histoire mondiale de la France (Seuil 2017)

 

* Sylvie Joye : L'histoire des femmes ? Dimanche à 17h

Il y un peu plus de 25 ans était publiée une célèbre histoire des femmes en Occident en 5 volumes sous la direction de Georges Duby et Michelle Perrot. Ce projet était né du constat que visiblement, une histoire sans les femmes avait pu se faire depuis longtemps. S'il semblait légitime d'introduire les femmes dans l'histoire, devait-on faire une "histoire des femmes" ? En avait-on les sources ? Cette histoire pouvait-elle être considérée de façon disjointe de celle des hommes ? Le discours ne pouvait-il être militant ? Aujourd'hui ce concept n'est-il pas restrictif, alors que plusieurs facteurs déterminent l'identité et non la seule féminité, et que la masculinité demande au final autant à être interrogée ?

Atelier, dimanche 16h : Les tentations de la femme abandonnée de l'évêque Urbicus

Sylvie Joye est professeur à l'université de Lorraine (Nancy)) et auteur de l'Europe barbare 476-714 (2010) et de la femme ravie, le mariage par rapt au Moyen Age (2012)

 

* Laure Miolo : L'histoire des savoirs ? Dimanche à 15h15

La transmission des savoirs au sens large passe en grande partie par des objets, notamment des livres. Ecrire cette histoire, pour la période médiévale, c'est en premier lieu s'interesser au vecteur de ces connaissances : la bibliothèque . Il est ainsi possible de suivre au gré des catalogues de bibliothèques la construction, l'évolution des savoirs scientifiques ainsi que leur assimilation et leurs usages. De la bibliothèqueprivée aux bibliothèques universaitaires et de chapitres, nous observerons l'évolution et la transmission des oeuvres mathématiques dans le nord de la France du XIIIe au XVe siècle.

Atelier, dimanche à 16h : Savoirs scientifique au Moyen Age

Post-doctorante à l'Observatoire de Paris, elle travaille actuellement sur les pratiques astronomiques au XIVe et XVe siècles en France et en Angleterre. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2017, portait sur le fonds scientifique du collège de Sorbonen (1257-1500).

 

* Nicolas Mélard : L'histoire de graffiti ? Samedi à 16h

Le château de Selles de Cambrai, siège du tribunal, recèle bien des secrets. Gravés sur d'innombrables murs, se trouvent des milliers de graffiti, textes et images, traces des occupants du château. Leur étude récente par des chercheurs (archéologues, historiens, archivistes...) révèle les préoccupations et l'imaginaire des prisonniers, soldats et autres personnes ayant fréquenté le site.

Atelier, samedi à 14h30 : toucher les graffiti

Nicolas Mélard est archéologue, conservateur au Cntre de recherche et restauration des musées de France (C2RMF). Il a piloté le projet de sauvegarde des graffiti du château de Selles.

 

* Thomas Liénhard et David-Jonathan Benrubi : 10 raisons de ne pas s'intéresser à l'histoire et au patrimoine. Samedi à 17h

Loin des idéaux fondateurs de la discipline historique du XIXe siècle, nos attentes ont évolué et désormais, on préfère bien souvent un passé transformé pour des romans, des films, des séries télé, ou des mythologie politiques de comptoir, plutôt que de le voir minutieusement défriché par l'enquête sourcilleuse des historiens. Quant au consensus autour de l'impératifpatrimonial, il repose souvent sur des arguments fluctuants du flou aux faux. Faut-il donc, pour le passé comme pour les surgelés, se contenter de réfrigérer, conserver, détailler, transporter ? Faut-il tout laisser tomber ? Car s'il y a de nombreuses raisons pour s'interesser à l'histoire et au patrimoine, il y en a au moins dix pour ne pas le faire.

 

Atelier, samedi à 15h15 : Faire une découverte archéologique depuis votre PC

Thomas Lienhard est historien et enseignant à l'université de PAris-1 Panthéon-Sorbonne. Il est spécialiste du haut Moyen Age.

Historien de formation, directeur du Labo, David-Jonathan Benrubi est commissaire de l'exposition Trésors, actuellement présentée au public.

 

Lieu

Cambrai
2 rue Louis Renard
Le labo

Contact

03.74.51.00